RE2020 en 2026 : nouvelles typologies de bâtiments et ajustements à anticiper dans vos projets

Publié le 5 mai 2026

L'année 2026 marque un tournant pour la réglementation environnementale des bâtiments neufs. Deux échéances réglementaires successives, fixées au 1er mai et au 1er juillet 2026, viennent à la fois élargir le périmètre d'application de la RE2020 et affiner ses exigences techniques. Pour les architectes, promoteurs, économistes de la construction et maîtres d'ouvrage, ces évolutions modifient la manière dont un projet doit être pensé dès la phase d'esquisse. Pour anticiper concrètement ces changements, le bureau d'études expert en étude thermique RE2020 accompagne ses clients sur l'ensemble de la chaîne d'ingénierie. Décryptage des évolutions à intégrer dans vos opérations en cours et à venir.

Un cadre réglementaire qui se généralise

Depuis son entrée en vigueur progressive le 1er janvier 2022, la RE2020 a posé un nouveau standard de performance pour les bâtiments neufs. Elle ne s'est pas contentée de remplacer la RT2012. Elle a introduit une logique inédite, articulée autour d'exigences indissociables : la performance énergétique du bâti (Bbio), les consommations d'énergie primaire (Cep et Cep,nr), l'impact carbone des matériaux et de l'énergie sur la durée de vie du bâtiment (Ic construction et Ic énergie), et le confort d'été en cas de forte chaleur (DH). Cette approche globale a d'abord été appliquée aux logements, puis aux bureaux et aux établissements d'enseignement primaire et secondaire.

Ce déploiement par typologies arrive aujourd'hui à son terme. Avec le décret n°2026-16 du 15 janvier 2026, publié au Journal officiel le 17 janvier, treize nouvelles catégories de bâtiments tertiaires et industriels basculent à leur tour dans le régime RE2020. Cette extension répond à une exigence de la directive européenne EPBD 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments. Selon les estimations professionnelles, environ 70 % du parc tertiaire futur est désormais concerné. Une bascule qui change la donne pour de nombreux maîtres d'ouvrage et concepteurs habitués, jusqu'ici, à des exigences thermiques classiques.

1er mai 2026 : la RE2020 s'applique à treize nouvelles typologies

À compter du 1er mai 2026, tous les projets dont le permis de construire ou la déclaration préalable est déposé à partir de cette date entrent dans le périmètre de la RE2020, quelle que soit leur typologie. Pour de nombreux secteurs, c'est une première confrontation avec une réglementation qui exige bien plus qu'un simple calcul thermique.

Sont désormais intégrés à la RE2020 :

  • les médiathèques et bibliothèques
  • les bâtiments d'enseignement atypiques
  • les bâtiments universitaires d'enseignement et de recherche
  • les hôtels
  • les établissements d'accueil de la petite enfance
  • les restaurants
  • les commerces
  • les vestiaires seuls
  • les établissements sanitaires avec hébergement
  • les établissements de santé
  • les aérogares
  • les bâtiments à usage industriel et artisanal
  • les établissements sportifs

Les petites constructions et extensions, elles, relèvent de la RE2020 adaptée, qui repose sur une méthode de calcul simplifiée. C'est le cas des constructions ou extensions de moins de 50 m², et des extensions de moins de 150 m² représentant moins de 30 % de la surface existante.

Restent en revanche exclus du champ d'application les constructions provisoires de moins de deux ans et les bâtiments présentant des contraintes techniques spécifiques de température, d'hygrométrie ou de qualité de l'air. Les tribunaux et palais de justice continuent de relever de la RT2012.

Cette liste raconte une réalité simple : la quasi-totalité des bâtiments neufs entre désormais dans la logique RE2020. Pour un cabinet d'architectes habitué à concevoir des hôtels, des restaurants ou des établissements de santé, cela représente un changement profond. Il ne s'agit plus seulement de respecter des coefficients de déperdition ou des consommations primaires. Il faut désormais raisonner en empreinte carbone du projet, anticiper le confort d'été dans des configurations parfois complexes (vitrages importants, brassages de personnes, équipements gourmands), et arbitrer entre solutions constructives en intégrant cette nouvelle grille de lecture.

Pour les promoteurs et investisseurs, l'impact est tout aussi net. Un projet d'hôtel ou de commerce ne se chiffre plus de la même manière lorsqu'il faut intégrer le poids carbone des matériaux et l'optimisation des consommations sur la durée. Anticiper ces sujets dès la phase d'opportunité devient un levier solide de maîtrise budgétaire.

1er juillet 2026 : les ajustements issus du rapport Rivaton

En parallèle de cet élargissement du périmètre, le décret n°2026-200 et l'arrêté du 18 mars 2026, publiés au Journal officiel du 20 mars 2026, font évoluer la RE2020 elle-même. Ces textes s'appliqueront aux projets dont le permis de construire sera déposé à partir du 1er juillet 2026. Ils traduisent une partie des recommandations du rapport remis en juillet 2025 par Robin Rivaton à la ministre du Logement.

Les fondamentaux de la RE2020 ne sont pas remis en cause. Mais ces ajustements visent à mieux concilier performance environnementale, qualité d'usage et faisabilité technique. Concrètement, plusieurs évolutions sont introduites : une modulation des exigences pour valoriser les espaces extérieurs d'agrément (balcons, loggias, terrasses) lorsqu'ils dépassent 15 % de la surface de référence, une prise en compte adaptée des hauteurs sous plafond entre 2,50 m et 2,90 m, un régime simplifié pour les surélévations qui permet de respecter uniquement le Bbio, l'Ic construction et le DH, et une adaptation pour les immeubles de grande hauteur sur les contraintes de sécurité incendie et de structure.

Une seconde vague d'ajustements est annoncée d'ici fin juin 2026. Elle devrait porter notamment sur l'amélioration de l'indicateur de confort d'été, afin de mieux anticiper les vagues de chaleur et les épisodes climatiques extrêmes.

Cet ajustement, en apparence technique, va se traduire très concrètement dans les projets : choix des matériaux, dimensionnement des équipements, traitement des baies vitrées, conception des protections solaires, scénarios de ventilation. Chaque décision se lit désormais à travers une grille recalibrée.

Ce que ces évolutions changent pour vos projets

Sur le terrain, ces évolutions changent trois dimensions clés de la gestion d'opération.

La première est la maîtrise des coûts. Le rapport Rivaton avait évalué à environ 11 % le surcoût d'investissement lié à la RE2020 sur la période 2022-2031. Une approche carbone intégrée dès l'esquisse permet d'éviter les arbitrages de dernière minute, souvent coûteux, lorsqu'on découvre en phase PRO que les choix initiaux ne tiennent pas la cible. Travailler les variantes constructives dès la conception ouvre de vraies marges économiques.

La deuxième est la sécurisation des délais. Une conformité réglementaire anticipée limite les allers-retours en instruction, fluidifie les échanges avec les services instructeurs et évite les modifications de projet en cours de chantier. L'attestation RE2020 au dépôt du permis est obligatoire : sans elle, le dossier est rejeté. Pour des opérations de promotion ou de marchés publics, c'est une variable critique.

La troisième est la qualité d'usage. Le confort d'été, en particulier, devient un indicateur de performance et non plus un confort attendu en arrière-plan. Sur des typologies comme les établissements de santé, les hôtels ou les établissements scolaires, où les usagers sont captifs, les arbitrages confort/consommation prennent un poids considérable.

Pour les architectes qui portent des projets en hôtellerie, en santé, en commerce, en sport ou en enseignement, le défi est nouveau : intégrer une logique RE2020 dans des typologies qui ne la pratiquaient pas. Cela suppose de travailler avec des équipes capables de croiser thermique réglementaire, analyse du cycle de vie, traitement du confort d'été, acoustique et ingénierie des systèmes sur un même projet, dès la phase de conception.

L'approche d'ETC : transformer une obligation en valeur

Chez ETC, nous travaillons actuellement ces textes en profondeur pour analyser leurs effets réels sur les opérations, identifier les nouveaux leviers d'optimisation et traduire ces évolutions en éléments concrets pour vos projets. Notre objectif est clair : transformer une obligation réglementaire en valeur durable, qui sécurise vos opérations et valorise votre patrimoine.

Sur chaque opération, nous combinons études thermiques réglementaires, analyse du cycle de vie des bâtiments neufs, traitement du confort d'été, études acoustiques et ingénierie des fluides et de l'électricité pour vous offrir une lecture globale et opérationnelle de la conformité RE2020. Cette approche pluridisciplinaire est, depuis 1997, notre marque de fabrique.

Vous avez un projet en cours dont le permis sera déposé après le 1er mai ou le 1er juillet 2026 ? Plus vous anticipez, plus les marges de manœuvre techniques et économiques sont larges. Nos équipes peuvent en mesurer les impacts dès l'esquisse et sécuriser vos arbitrages avant qu'ils ne deviennent contraignants.

Un projet RE2020 en cours ?

Échangeons sur les impacts concrets des évolutions 2026 sur votre opération, dès la phase d'esquisse. Nos équipes répondent sous 48h.

Contacter ETC

Les dernières actualités

Demande
de devis
Logo RGPD
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.