Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) continue d’évoluer.
Après plusieurs ajustements depuis sa réforme de 2021, de nouvelles modifications sont entrées en vigueur en 2026 et d’autres s’appliqueront à partir du 1er janvier 2027. Elles concernent notamment le calcul de la performance énergétique, les logements chauffés à l’électricité, les informations présentes sur le DPE et le classement des logements.
Pour les propriétaires, bailleurs, syndics et professionnels de l’immobilier, ces évolutions peuvent avoir des conséquences concrètes sur la classe énergétique d’un logement, sa mise en location et les travaux à anticiper.
Voici les principaux changements à connaître.
Un nouveau coefficient pour l’électricité
L’une des évolutions majeures concerne le coefficient utilisé pour convertir la consommation d’électricité en énergie primaire dans le calcul du DPE.
Depuis la réforme de 2021, ce coefficient était fixé à 2,3. Il évolue progressivement :
- depuis le 1er janvier 2026 : 2,3 → 1,9 ;
- à partir du 1er janvier 2027 : 1,9 → 1,7.
Cette modification concerne les DPE et audits énergétiques édités à compter de ces dates.
Quels logements sont concernés ?
Les logements chauffés à l’électricité sont particulièrement concernés par cette évolution.
La première baisse du coefficient, en 2026, devrait permettre à environ 850 000 logements de gagner une classe, voire deux pour certains petits logements.
La nouvelle baisse prévue en 2027 devrait permettre à près de 300 000 résidences principales supplémentaires de sortir mécaniquement des classes F et G, dont environ 125 000 logements du parc locatif privé.
Un point important pour les propriétaires : un DPE actuellement en cours de validité ne devient pas automatiquement caduc.
Son étiquette peut être recalculée gratuitement, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.

Une nouvelle étiquette ne signifie pas nécessairement un logement plus performant
C’est un point essentiel à comprendre.
Le changement de coefficient est une modification de la méthode de calcul. Il ne modifie ni l’isolation du logement, ni ses équipements, ni sa consommation réelle, ni le montant de la facture énergétique.
Un logement qui passe par exemple de F à E grâce à la modification du coefficient électrique n’a donc subi aucune amélioration physique.
Il est simplement classé différemment par le nouveau calcul.
Pour un propriétaire bailleur, la distinction peut être particulièrement importante : le changement de classe peut avoir une conséquence réglementaire sur la possibilité de louer le logement, sans pour autant avoir amélioré son confort thermique ou réduit sa consommation énergétique.
Classement énergétique et performance réelle ne doivent donc pas être confondus.
Une différence qui s’accentue entre DPE et RE2020
Cette évolution soulève également une question particulière pour les bâtiments neufs.
La réglementation environnementale RE2020 continue d’utiliser un coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 pour ses indicateurs énergétiques.
À l’inverse, le DPE utilisera un coefficient de 1,9 en 2026 puis de 1,7 à partir de 2027.
Pour un logement neuf tout électrique, les données de conception utilisées par l’étude thermique RE2020 et celles reprises dans le DPE sont donc issues du même bâtiment, mais leur traitement dans les deux calculs n’est plus identique.
À partir de 2027, cet écart pourra représenter mécaniquement environ 26 % entre les valeurs calculées avec un coefficient de 2,3 et celles calculées avec un coefficient de 1,7.
Cela signifie qu’un même logement pourra présenter une performance énergétique différente selon l’indicateur réglementaire considéré, alors même que son isolation et ses équipements n’ont pas changé.
Pour les professionnels de la construction et de l’immobilier, cette différence mérite donc d’être connue et expliquée.
Les petites surfaces bénéficient également d’un ajustement
Les logements de moins de 40 m² font l’objet d’un traitement spécifique depuis le 1er juillet 2024.
Les exigences de moyen de classement ont été ajustées afin de limiter l’effet disproportionné de la consommation d’eau chaude sanitaire rapportée à la surface du logement.
Certains petits logements ont ainsi pu voir leur étiquette énergétique évoluer sans modification de leur consommation réelle.
Pour les propriétaires de petites surfaces, il peut donc être utile de vérifier le classement actuel du logement et les conditions dans lesquelles le DPE a été établi.
Le DPE collectif devient obligatoire pour toutes les copropriétés
Depuis le 1er janvier 2026, l’obligation de réaliser un DPE collectif concerne désormais l’ensemble des copropriétés, y compris celles de moins de 50 lots.
Contrairement au DPE individuel, le DPE collectif porte sur l’immeuble dans son ensemble et prend notamment en compte les parties communes.
Pour les syndics et copropriétaires, il devient un outil supplémentaire pour identifier les principaux postes de consommation et hiérarchiser les travaux à envisager.
Il peut notamment contribuer à alimenter la réflexion autour du programme de rénovation énergétique de la copropriété.
Le contenu du DPE va encore évoluer en 2027
À compter du 1er janvier 2027, le DPE intégrera également de nouvelles informations issues de la transposition de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments.
Une nouvelle mention « A0 » pourra notamment apparaître pour les bâtiments considérés comme à émissions nulles.
Attention : A0 ne constitue pas une nouvelle classe énergétique et ne remplace pas l’étiquette A.
Pour obtenir cette mention, le logement devra notamment être classé A ou B et ne pas disposer d’un équipement de chauffage ou de production d’eau chaude pouvant fonctionner à partir d’une énergie fossile, même en appoint.
Le DPE comportera également de nouvelles informations concernant :
- la quantité d’énergie renouvelable produite sur site ;
- la répartition de cette production par source ;
- le taux de couverture de la consommation ;
- le vecteur énergétique principal du logement ;
- la durée de vie restante des équipements de chauffage et, le cas échéant, de climatisation ;
- l’aptitude des émetteurs à fonctionner à basse température ;
- la capacité du logement à adapter sa consommation en fonction des signaux tarifaires ou du réseau.
Le DPE apportera donc progressivement davantage d’informations sur le profil énergétique du logement, et pas uniquement sur sa classe A à G.
Passoires thermiques : les échéances de location restent inchangées
Il faut distinguer les évolutions du calcul du DPE du calendrier d’interdiction progressive de mise en location des logements énergivores.
En France métropolitaine, les principales échéances sont les suivantes :
| Date | Classe concernée | Conséquence |
| 1er janvier 2023 | G+ | Interdiction pour tout nouveau contrat de location |
| 1er janvier 2025 | G | Interdiction étendue à l’ensemble de la classe G |
| 1er janvier 2028 | F | Interdiction de mise en location |
| 1er janvier 2034 | E | Interdiction de mise en location |
L’échéance de 2028 pour les logements classés F constitue donc un point de vigilance important pour les propriétaires bailleurs.
La modification du coefficient électrique pourrait toutefois permettre à certains logements chauffés à l’électricité de sortir mécaniquement de la classe F avant cette échéance.
Mais là encore, un changement de classe lié au calcul ne constitue pas une rénovation énergétique.
Que doivent faire les propriétaires et professionnels de l’immobilier ?
Face à ces évolutions, plusieurs réflexes peuvent être utiles.
1. Vérifier son DPE
Si le logement est chauffé à l’électricité, il peut être intéressant de vérifier si son classement a évolué avec le nouveau coefficient applicable depuis 2026.
Les DPE concernés peuvent être recalculés gratuitement via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.
2. Ne pas attendre 2028 pour les logements F
Pour les propriétaires bailleurs concernés par des logements classés F, l’échéance de 2028 se rapproche.
Un changement de classement peut modifier la situation réglementaire du logement, mais ne règle pas les éventuels problèmes de consommation, de confort ou de vétusté des équipements.
Il reste donc essentiel de distinguer mise en conformité réglementaire et amélioration réelle du bâtiment.
3. Pour les copropriétés, intégrer le DPE collectif dans la stratégie de travaux
Le DPE collectif ne doit pas être considéré uniquement comme une nouvelle obligation administrative.
Il peut constituer une base utile pour identifier les priorités et alimenter la programmation des travaux de rénovation énergétique.
4. Pour les professionnels de l’immobilier, anticiper les nouvelles informations
Les professionnels devront progressivement intégrer dans leurs échanges avec propriétaires, acquéreurs et locataires des informations plus détaillées sur la performance énergétique et les équipements des logements.
Deux logements affichant la même classe énergétique pourront ainsi présenter des profils énergétiques sensiblement différents.
À retenir
Les évolutions du DPE prévues en 2026 et 2027 sont importantes, mais elles ne doivent pas être interprétées comme une amélioration automatique de la performance des logements.
Le changement du coefficient de conversion de l’électricité peut améliorer mécaniquement l’étiquette énergétique de nombreux logements chauffés à l’électricité. Il ne change ni leur isolation, ni leurs équipements, ni leur consommation réelle.
Pour les propriétaires bailleurs, les copropriétés et les professionnels de l’immobilier, le bon réflexe consiste donc à regarder au-delà de l’étiquette :
Quel est réellement l’état du bâtiment ? Quels équipements sont en place ? Quels travaux sont nécessaires ? Et quelles échéances réglementaires faut-il anticiper ?
Chez ETC, notre approche consiste à analyser les caractéristiques techniques du bâtiment et à rechercher des solutions adaptées aux enjeux réels du projet, en thermique, acoustique et ingénierie.
Ces évolutions réglementaires sont susceptibles de continuer à évoluer : pour toute décision concernant un bien ou un projet de rénovation, il est donc important de vérifier les textes et échéances applicables au moment de l’étude.
